La Ferme de Wolphus à Zouafques

Un carrefour
vieux de deux mille ans.

Bien avant d’être une ferme, Wolphus était déjà un lieu de passage : un carrefour antique, un fief médiéval, un château emporté par la guerre. L’histoire de ce domaine se confond avec celle de Zouafques, en plein cœur du Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale.

La propriété a été transformée pour l’accueil touristique en 1984. Depuis, ses 13 hectares de prairies et de forêts privées, entre Calais et Saint-Omer, ont accueilli des générations de vacanciers dans ses gîtes indépendants.

L’Antiquité :
une villa gallo-romaine.

À l’époque romaine, le site se trouve à un vrai carrefour : à 700 mètres au nord du croisement entre la voie de Thérouanne à Sangatte et celle de Boulogne à Cassel, sur l’un des axes de circulation vers la côte.

C’est le percement de la ligne à grande vitesse qui a permis de mettre au jour les vestiges d’une villa gallo-romaine, fouillée par l’archéologue J.-C. Routier et publiée dans la Revue du Nord en 2011. Le bâtiment suit le plan classique des petites villae de Picardie : un corps de logis rectangulaire flanqué de deux tours d’angle, intégré à un parcellaire romain encore lisible aujourd’hui dans le paysage.

Source : « Le site gallo-romain de Wolphus à Zouafques (62) », Revue du Nord, 2011.

Le Moyen Âge :
le fief d’un seigneur.

À quelques centaines de mètres de la villa antique, une motte féodale circulaire entourée de douves en eau garde la mémoire d’un autre temps : celui où Wolphus était le siège d’un seigneur, vassal de la puissante châtellenie de Tournehem-sur-la-Hem, dans le comté de Saint-Omer.

Deux siècles plus tard, Tournehem devient résidence des ducs de Bourgogne : Wolphus se trouvait donc dans l’orbite de l’un des pouvoirs les plus importants de la région.

Le pigeonnier,
témoin du XVIIIe siècle.

Un pigeonnier du XVIIIe siècle se dresse toujours dans le parc du domaine, à Zouafques.

Construit en brique et en pierre, de forme octogonale, il est surmonté d’un toit en dôme d’ardoise avec un petit lanternon au sommet. Il servait autrefois à élever des pigeons, considérés comme une source importante de nourriture et de fumier pour les cultures.

Un château
que la guerre n’a pas épargné.

Un château, qui perpétuait ce site médiéval à quelques centaines de mètres de l’ancienne motte féodale, s’est dressé ici pendant des siècles.

Il ne survivra pas à la Seconde Guerre mondiale : détruit en 1944, dans les combats de la Libération, comme beaucoup d’édifices de la région. De cette longue histoire, le pigeonnier du XVIIIe siècle nous est parvenu intact — et depuis 1984, une nouvelle page s’écrit sur ce même domaine.

Deux mille ans d’histoire,
pour un lieu qui continue de rassembler.

— La Ferme de Wolphus aujourd’hui